Elles ont été établies par un comité scientifique composés de membres de la Société des explorateurs français et de la Société de géographie, faisant appel aux principales institutions scientifiques françaises – CNRS, IRD, Muséum d’histoire naturelle, Universités, etc. – à travers le ministère de l’enseignement supérieur.
Les deux zones géographiques dans lesquels se dérouleront ces missions sont, pour la première année, les grands fleuves d’Amérique du sud – Amazone, Orénoque, Paraná et canaux de Patagonie –, et les îles du Pacifique affectées par la montée des eaux dû au réchauffement climatique – Polynésie, Micronésie et Mélanésie – pour l’année suivante.
La Boudeuse se consacrera dans les bassins de l’Amazone et de l’Orénoque – Brésil et Venezuela – aux problématiques suivantes, non exhaustives selon les nécessités et les découvertes à venir sur place, le « terrain » commandant toujours :
Pour le bassin du Paraná, en Argentine, les problématiques suivantes seront principalement étudiées :
Parvenue dans les canaux de Patagonie, aux frontières de l’Argentine et du Chili, La Boudeuse et son équipage se consacreront aux sujets suivants, non exhaustifs eux-aussi :
Une fois passé le mythique cap Horn, La Boudeuse et son équipage entreront dans l’océan Pacifique pour se consacrer à une nouvelle problématique, celle, tragique, de ce que l’on pourrait appeler les « îles en voie de disparition ».
Compte tenu du réchauffement climatique et de la montée inéluctable des eaux qu’elle induit, un certain nombre de terres vont être inondées au cours des générations à venir, notamment dans les estuaires et les plaines alluviales. A des degrés divers, aucune côte d’aucun continent ne sera épargnée.
Parmi les terres qui risquent de disparaître se trouvent un certain nombre d’îles. Celles-ci se situent un peu partout dans le monde mais surtout dans l’archipel indonésien, le détroit de Béring près de l’Alaska, et les océans Indiens et Pacifique. Il en existe même en Polynésie française.
Nombre de ces îles sont habitées. Et certaines sont si isolées qu’elles ne comportent pas même un aérodrome pour les relier au monde extérieur. On ne peut les atteindre que par bateau.
Le travail de La Boudeuse et de son équipage va se concentrer sur trois de ces îles isolées : l’une en Polynésie, la deuxième en Micronésie et la dernière en Mélanésie. De par leur nature, les trois îles qui vont être choisies au cours de l’année à venir parmi des dizaines possibles, seront représentatives et emblématiques de la problématique générale de la montée des eaux dans le monde, et de ses conséquences sur les hommes et leur milieu naturel.
Compte tenu de leur isolement, ces trois îles forment des mondes à part, tant du point de vue humain et culturel que du point de vue environnemental et naturel. Les cultures de ces communautés humaines ont des particularités uniques, même si on peut les relier à de grands ensembles, et les espèces endémiques sont nombreuses, tant en botanique qu’en entomologie ou en zoologie.
Tout risque de disparaître.
Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité des hommes savent par avance que leur « patrie » n’existera plus à l’horizon de trois ou quatre générations. Et qu’avec elles s’évanouiront leurs cultures et leur environnement naturel, même si d’un point de vue pratique ils auront le temps nécessaire pour quitter leurs îles et s’exiler ailleurs – devenant en même temps les premiers « immigrés climatiques » de l’histoire politique humaine.
L’idée centrale de cette seconde partie de la mission Terre-Océan s’articule dans trois directions qui forment autant d’axes de travail : Etudier, sauver, préserver.
Il s’agit en premier lieu d’étudier scientifiquement la réalité objective et précise des effets de la montée de eaux. En d’autres termes, de répondre à la question : qu’en est-il véritablement de la « programmation » de la disparition de ces îles ? Et de comprendre comment tout cela est relié à la même problématique partout ailleurs dans le monde.
Si la première partie du travail – étudier – confirme la disparition future de ces îles, il s’agira alors de chercher s’il existe des possibilités techniques et scientifiques de retarder cette disparition, voire de l’empêcher. Des techniques lourdes comme des digues peuvent sauver des terres habitables sur des littoraux, et des techniques plus légères comme « l’implantation » de coraux – qui poussent plus vite avec le réchauffement climatique – peuvent permettre, peut-être, de « reconstruire » le soubassement de petites îles.
S’il est impossible de sauver ces îles et leur milieu naturel ainsi que la culture des hommes qui y vivent – cas le plus probable – il s’agira alors de préserver tout ce qui peut l’être pour l’avenir. Pour ce faire, un « inventaire avant disparition » de ces îles sera effectué dans les domaines culturels pour les hommes, et scientifique pour la faune, la flore et la biodiversité. L’objectif sera de conserver pour l’humanité future une « trace » de ces anciens mondes.