05
mar
2010
23:03 Par .
Après l’achèvement de la mission Oyapock (géophotographie du fleuve, inventaire des mangroves, prélèvements de limons et reconnaissances de la rivière Ouanary dans l’ouest de l’estuaire du fleuve) toutes les équipes scientifiques et les marins ont ralliés le bord. La Boudeuse a alors regagnée la base navale de Cayenne le 1er mars pour s’approvisionner et ravitailler. Après quoi, des reconnaissances aériennes de toute la zone de la pointe Béhague à l’ouest de l’estuaire de l’Oyapock ont été effectuées pour compléter les reconnaissances terrestres effectuées sur la rivière Ouanary au sud de ce territoire.
Ces reconnaissances ont justifiées la décision de retourner dans cette région, aux frontières du Brésil pour y développer une mission beaucoup plus vaste. Le navire et ses 24 membres d’équipage actuels ont donc rapidement repris la mer. Au cours des deux semaines à venir, La Boudeuse servira de « bateau-mère » aux cinq canots qui seront utilisés pour les expéditions dans cette région, l’une des moins connues de Guyane dans le domaine de la science. L’intégralité du trait de côte de la pointe Béhague sera étudié d’un point de vue maritime et paysager compte tenu des grandes modifications que cette côte semble avoir connue ces dernières années. En ce qui concerne la biodiversité, cette étude exhaustive de la côte (difficile d’accès à cause de l’envasement et des hauteurs de marées) sera complétée dans les domaines entomologiques et botaniques, notamment en ce qui concerne les mangroves et leur problématique en Guyane. L’une des expéditions terrestre se consacrera également à la difficile montagne des « trois pitons » au sud de la pointe Béhague sur laquelle n’existe pratiquement aucune donnée scientifique. Son accès à pied sera à coup sûr ardu. Une autre équipe tentera aussi de pénétrer les immenses marais situé au nord de ce massif car on ne sait à peu près rien des mammifères et autres grands animaux qui y vivent. Enfin, deux autres équipes tenteront d’approcher les chercheurs d’or brésiliens clandestins identifiés lors des reconnaissances aériennes. Sept groupes ont été repérés par les pollutions des rivières qu’ils provoquent. La « quête de l’or » illégale dans cette région semble beaucoup plus artisanale que dans d’autres territoires de la Guyane, où elle est un véritable fléau écologique, mais semble néanmoins se développer rapidement.
La Boudeuse devrait rentrer sur Kourou le 24 mars à l’invitation du Centre National d’Etudes Spatiales, l’un de ses partenaires, afin d’assister au lancement de la prochaine fusée Ariane.
Patrice Franceschi